Techniques photos

Noir et blanc argentique : Guide pour trouver la pellicule idéale

Et non, toutes les pellicules noir et blanc ne se valent pas. Elles sont toutes différentes, comme en couleur ! Chacune a ses spécificités, son caractère ; certaines se ressemblent, tandis que d’autres s’opposent, et c’est ça qui est fantastique, n’est-ce pas ?

En voulant rédiger cet article, nous nous sommes rendu compte qu’il était impossible de vous dire : "cette pellicule est plus contrastée que celle-ci", "celle-là a un grain hyper présent par rapport à sa concurrente directe", car il y a en effet énormément de variables qui influent sur le résultat. C’est pourquoi nous allons vous décortiquer les grandes catégories de noir et blanc, vous expliquer les différents types de grains, les éléments qui peuvent modifier le résultat, et ainsi vous permettre d’avoir une véritable comparaison sur le sujet pour mieux choisir votre noir et blanc. Bonne lecture !


Les différents types de Noir et blanc sur le marché


Pour s’y retrouver correctement, il faut d’abord connaître les différents noir et blanc disponibles sur le marché. (Disclaimer : c’est la partie un peu technique… trop cool pour les geeks, un peu plus relou pour les autres, sorry !)

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Le grain

Il faut ensuite les départager en termes de technologie de grain ! Il en existe deux :

  • Le classique grain cubique, l’original, aussi appelé "patatoïde", car il n’est pas uniforme, plus large, parfois duveteux… bref, une vraie patate ! Mais tout aussi beau !
    Exemple : Ilford HP5, Kodak TX et la plupart des autres références noir et blanc.

  • Le grain tabulaire, qui, quant à lui, est plus régulier, précis et fin. Ce grain a été développé pour offrir une netteté accrue à vos images.
    Exemple : Gammes Ilford Delta et Kodak Tmax.

À savoir, il existe une formule mathématique utilisée pour évaluer la taille du grain.

Comme l’explique Agfa dans ses fiches techniques "La granularité est la structuration irrégulière de la densité d’un film exposé et développé. La valeur est basée sur la méthode de mesure RMS (root-mean-square). Plus la valeur RMS est petite, plus le grain du film est fin. Cette méthode de mesure vise à faire coïncider la valeur mesurée avec la perception visuelle de la granularité du film."

Par exemple, le RMS d’un Kodak TX400 sera de 17, alors que celui d’une Agfa APX 400 sera de 14, ce qui signifie que cette dernière possèdera un grain moins perceptible.

Malheureusement, tous les producteurs de pellicules ne communiquent pas forcément cette donnée. D’un point de vue technique, il est difficile de toutes les comparer entre elles.

Ensuite, les ISO vont aussi avoir un impact sur la présence du grain sur vos images. Techniquement, plus les ISO sont bas, moins le grain sera visible, et plus ils sont élevés, plus il sera apparent. Cela est dû à la taille des cristaux d’halogénure d’argent présents sur l’émulsion de la pellicule, qui sert à capter la lumière.

ISO bas = taille plus petite ; ISO élevé = taille plus grande.

Il est donc normal que l’APX 400 ait un RMS plus fort que la 100 ou la 200. Voilà pourquoi on ne compare pas non plus les grains d’un film 50 ISO avec celui d’un film 3200 ISO !

ISO faible contre ISO très élevé, pas la même taille de cristaux d’halogénure d’argent et grain cubique (Pan F) contre tabulaire (Delta) ! Techniquement incomparable !

Les variables

Il y a énormément de facteurs qui peuvent influencer les rendus de vos photos. N’oubliez jamais qu’entre deux personnes utilisant la même pellicule, vous pouvez observer des différences à cause de ces éléments :

Marques de moisissures/humidité dû à une mauvaise conservation du film (restée trop longtemps dans l’appareil sans le shooter). Certaines pellicules sont plus sensibles que d’autres sur ce point (Ici, il s’agit d’une Ilford Ortho 80)

Cette retouche a été faite afin d’avoir un effet de rendu de pellicule 3200 ISO. Accentuation des contrastes, explosion du grain, là où cela est quasi inexistant sur la photo brute de scan.

C’est aussi un disclaimer pour ne pas croire tout ce que vous pouvez voir sur Instagram lorsque les photographes mentionnent la pellicule utilisée. Il y a là, pour la plupart, de la retouche, donc une interprétation !

Ayez toujours une vue d’ensemble et amusez-vous, faites-vous votre propre avis en les testant !

 

choisir son noir et blanc

Ilford FP4 par Circé

Maintenant que vous pouvez différencier techniquement les différents noir et blanc et que vous connaissez leurs variables, nous pouvons enfin essayer de trouver ce qui nous correspond (yahouuu enfin un peu de fun après toutes ces infos barbantes !!).

Globalement, pour bien choisir son noir et blanc, il faut prendre en compte :

 

les rendus des pellicules Noir et blanc

Au début, nous voulions vous faire une sorte d’index pour que vous puissiez avoir un repère. Cependant, entre ce que disent les marques sur leurs pellicules et les interprétations de chacun, il y a parfois un monde. Nous avons donc préféré vous proposer directement les images pour que vous puissiez jauger par vous-même. Il s’agit ici principalement de photos de la team et de photos trouvées sur le site de Lomography ! (Si vous lisez cet article sur votre téléphone, mettez-le à l’horizontal pour avoir les références des pellicules).

Photos de la team Lab’

Photos disponibles sur le site Lomography.

En définitive, choisir la bonne pellicule noir et blanc, c'est avant tout une question de style, de ressenti et d'expérimentation. N'ayez pas peur de tester différentes options, de jouer avec la lumière et le développement, et surtout, de vous amuser à découvrir ce qui correspond le mieux à votre vision photographique. La pellicule est un terrain de jeu infini, alors lancez-vous et laissez parler votre créativité !